Le village d’Ayer étale ses chalets de mélèze entre 1400 et 1600 mètres d’altitude sur la rive est du val d’Anniviers en Valais. Fin 2024, le village compte 205 âmes dont 102 femmes et 103 hommes, une grande partie des bâtisses sert de chalets de vacances ou de résidences secondaires.
A l’essor des stations de ski à la fin des années 1960, les autochtones ont développé les infrastructures touristiques dans le village-mayen de Zinal six kilomètres en amont. Le vieux village, préservé des incendies, des avalanches et du développement des stations, traverse le temps en maintenant son cachet historique. Madriers de mélèzes noircis par le soleil, toits de bardeaux, avec au centre l’église Sainte-Anne comme une bergère qui rassemble son petit troupeau de chalets.
On compte 5 km à vol d’oiseau de l’église d’Ayer à celle de Zinal, et 12 km jusqu’à la plus haute pointe du Besso, celle de droite. L’alignement est parfait, et dans la même ligne 14 km direction sud on trouve la place de Borzuat, quartier bâti en plaine par les habitants d’Ayer pour cultiver, principalement, la vigne.
Le patrimoine culturel et naturel d’Ayer se visite en parcourant deux sentiers didactiques discrètement signalés par des plaquettes porteuses de QR codes qui donnent accès à l’information dans plusieurs langues.
Le parcours historique d’Ayer vous propose une ballade dans le vieux village à la rencontre de l’histoire et du mode de vie particulier des Anniviards. La rudesse de la terre et du climat en faisait d’éternels nomades.
Le sentier Zau Zoura fait découvrir le patrimoine naturel de la région. La Zau (forêt en patois) mise à banc pour assurer la protection du village contre les dangers de la montagne.
Les activités communautaires ont diminué, la vie sociale est désormais plus centrée sur la vallée qui ne compte pas 3000 habitants. Le village est resté dynamique avec quelques sociétés actives. Citons d’abord la bourgeoisie qui regroupe les familles originaires d’Ayer et Mission et qui possède une grande partie des forêts. la paroisse catholique comprend Ayer et Zinal, elle guide la vie spirituelle des habitants, entretient les lieux de culte et le foyer Lyrette qui comprend une salle de spectacle et sert d’auberge. La Société du Village organise plusieurs rassemblements annuels et regroupe les villageois et habitués, sa dernière action remarquable fut de transformer le stand de tir en place de pique-nique couverte. La société de la patinoire est le vestige du Hockey Club qui faisait la gloire du village, elle entretien désormais la patinoire naturelle Ayer Arena quand les conditions le permettent.
La société des fifres et tambours est la plus active du village, elle perpétue une tradition musicale héritée du mercenariat et anime toutes les manifestations locales, festives comme religieuses. C’est l’âme active d’Ayer que vous trouverez dans ses membres. A carnaval le austères costumes noirs sont troqués contre ceux de la guggen des Corbaks.
Epargné par le feu et autres phénomènes naturels depuis sa première mention dans les archives de la vallée, le village s’est également sauvé du tourisme de masse. A la fin des années 1960, la communauté a investi aux mayens de Zinal, station estivale depuis la conquête des Alpes et plus proche des hautes montagnes. Les jeunes pouvaient travailler en station à 6 km où toute l’infrastructure moderne se construisait, et rentrer le soir au hameau resté intact. Hôtels, Club Méditerranée, téléphérique et autres terrains de tennis agrandissaient progressivement le mayen de Zinal, Ayer traversait l’époque en ne permettant la construction que de modestes chalets, principalement en périphérie du village.
Le chalet Madeleine qu’on peut visiter date de 1579, la maison bourgeoisiale a été agrandie en 1799 suite à la fusion avec la communauté de Mission, imposée par la France révolutionnaire. On trouve dans le village les traces de l’histoire d’une communauté préoccupée par sa survie dans un pays difficile, mais assez bien abritée des soubresauts historiques qui n’ont cessé de secouer le continent. En plein coeur de l’Europe, Anniviers est une impasse montagneuse, sans col ni richesses si ce n’est minières, de cobalt et de cuivre principalement. Et encore, les prospecteurs disaient le pays « riche en mines pauvres ». Au sud du village se trouvaient d’importants gisements de ce cobalt dont les indigènes ne savaient que faire.
On trouve encore quelques commerces au fond du village, longtemps la route carrossable s’arrêtait là et il fallait poursuive à dos de mulet vers Zinal et ses hôtels. Le bâtiment actuel du Rothorn a remplacé celui tenu jusqu’en par une famille locale. Plus bas se trouve le foyer Lyrette, ancien baraquement de chantier de la grande époque des constructions hydroélectriques. Actuellement propriété de la paroisse, le foyer comprend une salle pouvant accueillir 200 personnes et un logement de groupes. A côté la patinoire naturelle Ayer Arena est toujours entretenue en hiver, et sert de terrain de sport en été.




